Presse romande et question nationale belge (été 2007- été 2010)

Reproduction partielle du mémoire présenté à l'UCL "Conflits régionaux : comment la presse quotidienne de la Suisse francophone traite-t-elle des tensions communautaires en Belgique"
27 March, 2011

[Mélanie Kornmayer est une jeune étudiante suisse qui vient de résenter, en seotembre 2010, un mémoire de Master à l'UCL, sous la direction du professeur Benoît Grevisse intitulé

Conflits régionaux : comment la presse quotidienne de la Suisse francophone traite-t-elle des tensions communautaires en Belgique

Ce mémoire s'est particulièrement (et grandement) distingué et il nous semble de nature à nous aider à comprendre les enjeux de la crise nationale belge de même qu'à comprendre la façon dont la resse romande le perçoit, ce qui renvoie ipso facto à la façon dont cette société de langue française est différente de la Wallonie (malgré une culture commune largement partagée), de même qu'à la manière dont fonctionne en réalité le fédéralisme suisse. Cette différence entre société et culture qui amène des sociétés culturellement presque sembables à demeurer cependant sociétalement dissemblables est encore plus frappant quand il s'agit d'un autre pays de langue française et c'est l'anthropologue Camille Tarot qui met l'accent sur cette différence qui n'est pas très souvent faite chez nous, s'agissant notamment de la France 1.

Pour la commodité du lecteur nous reproduisons, avec l'accord de l'auteure les pages 6 à 7, 13 à 15, 22 à 24  ainsi que les pages 54 à 67, exposant successivement 1) la problématique abordée par l'auteure, 2) les hypothèses qu'elle formule quant à la manière dont la presse romande traite les questions communautaires en Belgique, 3) les journaux qu'elle a analysés et pourquoi, 4) les faits traités (soit la crise ouverte après les émections fédérales de 2007, crise qui s'est prolongée jusqu'à aujourd'hui mais dont l'auteure doit arrêter l'analyse dans les semaines qui suivent les élections fédérales de juin 2010), 5) comment elle a analysé la façon dont les journaux romands rapportent et/ou analysent ces faits et les conclusions qu'elle en tire. Nous n'avons pas reproduit ici cette partie de son travail sauf les conclusions, ni la manière dont elle situe le problème communautaire belge (à l'aide de la bibliographie que nous reproduisons en fin de cet article).

Ce mémoire, qui ne portait pas sur la question nationale belge en elle-même, cite classiquement les ouvrages qui mettent en avant la forte identité de la Flandre et la supposée moindre cohésion de la Wallonie. Il en résulte (mais c'est évidemment aussi le reflet du courant dominant dans les médias et même la recherche scientifique en Belgique), que les origines sociales et/ou économiques de la question nationale belge sont peu ou pas traitées. Ni même les contradictions qui ne sont pas qu'ethniques ou linguistiques entre les deux sociétés que sont la Flandre et la Wallonie sans oublier Bruxelles (dont la problématique n'est pas non plus réellement abordée). TOUDI se devait de le signaler puisque c'est un peu sa vocation depuis près d'un quart de siècle de rappeler sans cesse (y compris à une grande partie de la presse et des médias belges francophones, sinon aux chercheurs eux-mêmes), ces dimensions très médiocrement éclairées de la question nationale belge avec la conséquence d'une mésinterprétation  assez grave de la position de la Wallonie dans le débat (mais aussi de la Flandre et de Bruxelles). Les origines sociales et/ou économiques de la question nationale belge ne sont donc pas vraiment traitées, mais elles ne pouvaient pas l'être dans le cadre de ce mémoire.

Nous remercions d'ailleurs chaleureusement Mélanie Kornmayer de nous avoir permis de reproduire ici partiellement son travail. C'est une étude vraiment remarquable et qui s'est grandement distinguée à l'UCL. Elle jette une lumière crue sur la perception de la question nationale belge en Romandie et sur la façon dont fonctionne cette partie de la Suisse, mais aussi une Suisse fédérale décidément très différente de la Belgique fédérale. Enfin, comme nous l'avions dit pour commencer elle nous éclaire aussi sur l'avenir de la Wallonie et, en creux, sur les lacunes du débat belge tels que les médias wallons et bruxellois le rapportent eux-mêmes en en masquant souvent les enjeux.

TOUDI]

Problématique

Le fait communautaire est un point de tensions dans la politique et dans la société belge en général. C'est évidemment un point délicat en Suisse également, mais dans une moindre mesure. Comment alors les conflits entre Wallons et Flamands sont-ils traités par les journaux de Suisse romande, sachant que cette région est minoritaire, au  niveau linguistique et communautaire ? Nous l'avons dit plus tôt, la Suisse est souvent citée comme l'exemple d'un pays qui réussit malgré ses différentes communautés. A l'inverse, la Belgique semble ne plus avoir d'avenir en l'état actuel. La question de l'avenir de la Belgique est-elle traitée par les journaux de Suisse romande ? Les journaux romands comparent-ils les problèmes de la Belgique à ceux de la Suisse ? S'ils le font, se positionnent-ils comme issus d'un pays « exemple » pour la Belgique ?

Finalement, l'objet de cette recherche est de découvrir si la presse de Suisse romande « s'identifie » à la Belgique sur ces points de tension.

 

L'analyse des articles de presse des trois quotidiens romands nous permettra de

confirmer ou infirmer ces hypothèses :

 

1. Les journaux de Suisse romande, s'ils comparent les tensions en Belgique et en

Suisse, le font pour se démarquer des conflits belges.

2. Les journaux de Suisse romande ont une vision négative de la situation en

Belgique.

3. Sur l'avenir de la Belgique, les journaux de Suisse romande ont une vision pessimiste.

4. Le Temps, quotidien romand de référence, aura un traitement très complet et rigoureux des tensions en Belgique.

5. En tant que quotidien de référence en Suisse romande, Le Temps traite plus largement de l'international que les journaux régionaux et populaires. Le Temps doit faire appel à nombre d'experts pour commenter les tensions en Belgique.

6. Le Temps traite des conflits belges avec des angles originaux, comme des reportages ou des interviews.

7. Le Temps, quotidien de portée romande, devrait comparer plus volontiers Suisse et

Belgique.

8. Le Matin, journal populaire devrait faire un traitement moins complet que Le

Temps ou Le Quotidien Jurassien.

9. Le Matin, quotidien de portée régionale, c'est-à-dire romande, devrait comparer plus volontiers Suisse et Belgique. Son information étant axée sur la Suisse, cette dernière sera comparée à la Belgique.

10. Le Matin, quotidien populaire, aura un traitement du conflit belge axé sur la dramatisation en utilisant des faits divers.

11. Le Quotidien Jurassien, quotidien régional de qualité, devrait avoir un traitement très factuel du conflit belge.

12. Issu d'un canton très récent qui a dû se battre pour son indépendance, Le

Quotidien Jurassien est encore imprégné d'un sentiment de lutte autonomiste. Son traitement du conflit belge devrait refléter cet état de fait.

13. Le Quotidien Jurassien, offrant un traitement très factuel, ne devrait pas comparer

Suisse et Belgique.

14. Les quotidiens romands expliquent les tensions en Belgique par le fait que les

Flamands ont développé un sentiment national très fort.

 

Les tensions qui agitent la Belgique, et dans une moindre mesure la Suisse, ont plusieurs origines. Elles ont évolué selon l'histoire propre aux deux Etats. Elles sont de nature culturelle, identitaire et linguistique ou encore religieuse. Des concepts au premier abord simples mais qui révèlent une grande complexité  appliqués aux sciences sociales.

 

Méthodologie

 

Il s'agit maintenant de présenter une méthode d'analyse qui va nous permettre de répondre à nos interrogations et à confirmer ou non, nos hypothèses.

Ayant déjà posés les bases de la problématique et d'une réflexion théorique, notre analyse se déroulera en quatre étapes.

 

1. La première étape consistera à présenter quelques éléments historiques de la

Belgique et de la Suisse. Cette phase nous permettra de mieux comprendre en quoi un pays s'en sort et l'autre traverse des difficultés.

 

2. La seconde étape sera une présentation chronologique des évènements qui font partie de notre corpus de recherche. De 2007 à nos jours, un rapide survol des faits qui se sont déroulés en Belgique nous permettront de mieux appréhender les articles de presse.

3. La troisième étape consistera à présentation brièvement les trois journaux utilisés dans notre étude. Pour comprendre le traitement qu'ont fait Le Temps, Le Matin et

Le Quotidien Jurassien de la crise politique belge, il nous faut connaître leurs particularités.

4. Enfin, la quatrième étape sera l'analyse des articles de presse proprement dite.

 

Analyse de contenu

 

Laurence Bardin, dans  L'analyse de contenu présente les méthodes les plus utilisées dans l'analyse des moyens de communication. Pour définir l'analyse de contenu, Laurence Bardin retient la définition de B. Berelson et P. Lazarsfeld :

« L'analyse de contenu est une technique de recherche pour la description objective,

systématique et quantitative du contenu manifeste de la communication. »2

Selon Laurence Bardin, l'analyse de contenu a deux fonctions. L'une,

« heuristique », consiste à « effectuer un tâtonnement exploratoire. C'est l'analyse de

contenu pour voir. » 3

 

 

L'autre fonction est dite d'« administration de la preuve ». « Des hypothèses sous forme de questions ou d'affirmations provisoires servant de lignes directrices feront appel à la méthode d'analyse systématique pour se voir vérifier dans le sens d'une confirmation ou d'une infirmation. C'est l'analyse de contenu pour prouver. » 4

 

Laurence Bardin développe ce qu'elle appelle un « plan d'analyse », l'étape de la préanalyse. Cette phase passe par « le choix des documents à soumettre à l'analyse, la formulation des hypothèses et des objectifs, l'élaboration des indicateurs sur lesquels s'appuiera l'interprétation terminale. » 5

Concernant l'élaboration d'indicateurs, Laurence Bardin explique pour faire l'analyse, il faut découper le texte. Ce découpage se fait en unités « de codage » ou « d'enregistrement ». Ces unités selon le matériel d'analyse, peuvent être diverses. Dans notre étude, nous choisirons l'unité « mot ». Il s'agira de repérer des mots représentatifs dans le traitement des journaux romands de la crise politique belge. Nous les repèrerons, de façon systématique, dans chacun des trois journaux choisis. Cette méthode nous permettra de répondre à quelques hypothèses posées plus haut. Mais l'analyse limitée aux mots utilisés n'est pas suffisante. Laurence Bardin présente une solution, qu'elle définit comme les « unités de contexte ». « Supérieures à l'unité de codage, non prise en compte dans le dénombrement fréquentiel mais permettant de comprendre la signification des items découpés en les replaçant dans leur environnement.» 6 Il y a ici une notion qualitative qui nous manquait avec les « unités de codage ». D'une part, nous nous concentrerons sur l'analyse des « signifiants », c'est-à-dire l'unité de codage « mots ». D'autre part, nous laisserons une part de l'analyse aux « signifiés ». Nous regrouperons certaines unités, qui ne peuvent être limitées aux mots. Dans ce dernier cas, notre unité de codage sera donc, soit plusieurs mots, soit une phrase, voire plusieurs phrases. Cette dernière analyse se portera uniquement sur les articles faisant la comparaison entre Belgique et Suisse.

 

Nous nous pencherons également sur la présence ou non, d'experts ou d'invités qui auraient traité de la crise politique en Belgique. Nous ferons également une brève analyse des rubriques les plus fréquentes et dans lesquelles les articles ont été publiés.

En effet, un article de la rubrique « opinion » n'aura pas la même substance qu'un article de la rubrique « international ». Enfin, nous comparerons brièvement l'utilisation d'articles d'agences de presse et la présence de correspondants ou autres journalistes et experts pour chaque journal et chaque année.

Pour résumer, il s'agira tout d'abord d'analyser de manière générale le traitement des affaires belges par les quotidiens romands. Finalement, notre analyse se concentrera principalement sur les articles traitant de la Belgique en comparaison à la Suisse. C'est là le point le plus important de notre étude.

 

Corpus de l'étude

 

Notre choix s'est porté sur trois quotidiens de Suisse romande. Nous avons sélectionné Le Temps pour sa réputation de journal de référence. Le Matin est le quotidien le plus lu de Suisse romande. Il est souvent qualifié de journal « de boulevard » et a tendance à laisser la part belle au sensationnalisme. Enfin, nous avons choisi un quotidien cantonal, Le Quotidien Jurassien. Notre choix s'est porté sur ce dernier parce qu'il a la particularité d'être diffusé dans le canton du Jura, qui a lutté pour son indépendance du canton de Berne dans les années soixante et septante. Nous développerons les particularités de chaque quotidien au chapitre 6. Dans un souci de concision, nous n'en avons sélectionné que trois, représentatifs selon nous, de la diversité de la presse romande. Le corpus s'étant des publications papier aux publications sur internet. Le Quotidien Jurassien n'utilise son site internet que pour les nouvelles régionales. Le Matin publie sur internet les articles qu'il publie également en version papier. Il n'y a que Le Temps à avoir développé sa plateforme internet en y publiant des articles inédits.

 

Les tensions entre les deux communautés belges ne datent pas d'hier. Encore une fois, dans un esprit de synthèse, nous n'avons retenu que les quatre dernières années.

Nous nous pencherons donc sur les années 2007, 2008, 2009 et 2010. Nous nous sommes arrêtés au 1er juillet de cette année. Nous nous sommes concentrés sur certains

évènements d'actualité pour chaque année. Là encore, dans un souci de concision. Nous détaillons les évènements sélectionnés au chapitre 5. 7

 

Pour chaque évènement et chaque journal, nous avons effectué notre recherche, en bibliothèque et sur internet, selon la présence du mot « Belgique ». Un premier corpus

était créé. Ensuite, nous n'avons retenu que les textes qui traitaient effectivement des difficultés entre communautés wallonne et flamande. Au final, certains textes qui ne concernent pas la Belgique ont été tout de même sélectionnés, parce qu'ils évoquent le conflit belge. Ce choix nous semble également représentatif de la manière dont les trois journaux traitent de la crise en Belgique.

Nous avons choisi de nous pencher sur les textes de chaque article. Les légendes photographiques n'ont pas été prises en compte, car elles n'étaient pas disponibles pour le quotidien Le Temps.8

Et dans un souci de comparaison entre les trois journaux, nous

avons décidé de nous concentrer sur les textes.

 

Un pays dans l'impasse, de 2007 à nos jours

Nous avons limité notre étude aux années 2007 à 2010. Certaines sont plus abondantes en articles que d'autres, mais chacune a sa particularité et son lot de tensions communautaires.

 

Les débuts d'une longue crise politique suite aux élections législatives de juin 2007

 

L'année 2007 était celle de « la Belgique sans gouvernement ». Elle sera aussi celle du début de « l'ère Yves Leterme », de son parti démocrate-chrétien (CD&V) et de leurs alliés indépendantistes de l'époque, la Nouvelle Alliance flamande (NVA). Nous retiendrons également de 2007 la manifestation pro-belge qui a réuni plus de 35'000 personnes dans les rues de Bruxelles.

 

- 10 juin : Yves Leterme remporte les élections législatives. Yves Leterme souhaite une réforme de l'Etat afin d'apporter plus de compétences et d'autonomie à la

Flandre.

- 23 août : Yves Leterme démissionne de son poste de Premier ministre à cause des divergences entre Francophones et Flamands sur la réforme de l'Etat. Les

Francophones y sont hostiles, contrairement à la majorité des Flamands.

- 29 septembre : Le Roi Albert II, après avoir confié à Herman Van Rompuy la mission de réconcilier les deux camps, relance Yves Leterme dans son rôle de

Premier ministre.

- 7 novembre : Le « compromis belge » est mis à mal. Les partis flamands votent un

projet de loi pour la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde.

- 18 novembre : 35'000 personnes défilent pour l'unité de la Belgique à Bruxelles.

- 3 décembre : Pour la seconde fois, Yves Leterme se retire et pour les mêmes

raisons que sa première démission.

- 21 décembre : Le Premier ministre sortant Guy Verhofstadt (OpenVLD) forme un

gouvernement de transition chargé d'expédier les affaires courantes.

2008 ou les échecs à répétition d'Yves Leterme

 

Comme en 2007, Yves Leterme donnera par deux fois sa démission au Roi des

Belges. Le cartel que son parti le CD&V formait avec le parti NVA prend fin.

Finalement, Yves Leterme sera englué dans la crise économique et suspecté d'avoir

voulu influencer les pouvoirs judiciaires dans l'affaire de la vente de Fortis à la banque

BNP Paribas.

 

- 25 février : les principaux partis belges se mettent d'accord sur une réforme de

l'Etat qui ignore les dossiers brûlants. Mais cet accord apaise quelques temps l'angoisse de la population.

- 20 mars : Yves Leterme, ainsi que son gouvernement, est nommé par le Roi comme Premier ministre.

- 15 juillet : Yves Leterme remet à nouveau sa démission. Mais le Roi la refusera trois jours plus tard.

- 19 décembre : Suscpecté d'avoir voulu influencer la justice dans l'affaire Fortis,

Yves Leterme démissione.

- 28 décembre : Herman Van Rompuy remplace Yves Leterme en tant que Premier ministre. Il est prié de former un gouvernement.

 

Juin 2009, des élections régionales qui témoignent des divergences communautaires

 

Le gouvernement d'Herman Van Rompuy tient bon. Les élections régionales vont confirmer la radicalisation flamande.

- 7 juin : les résultats des élections régionales inquiètent les partisans d'une Belgique unie. Le CD&V et la NVA sortent vainqueurs en Flandre. Côté wallon, le PS redevient le premier parti de la région francophone. Les divergences communautaires s'accentuent.

- 19 novembre : Herman Van Rompuy est choisi comme président du Conseil européen. La Belgique cherche un nouveau Premier ministre.

- 25 novembre : Yves Leterme fait son grand retour en tant que Premier ministre.

 

Le dossier BHV et le parti flamand NVA compliquent l'année 2010

 

De retour au pouvoir, Yves Leterme ne réussira pas mieux que les années

précédentes. Il démissionne encore. Les élections anticipées vont confirmer la percée

des indépendantistes flamands.

 

- 22 avril : L'Open VLD, parti peu revendicateur d'habitude, quitte le gouvernement. En cause, la réforme de l'Etat et le dossier BHV. Yves Leterme remet sa démission et celle de son gouvernement.

- 13 juin : Les élections anticipées confirment la percée de la NVA, parti ouvertement séparatiste. Il devient le premier parti de Flandre et Bart De Wever, son homme fort. En Wallonie, le PS d'Elio di Rupo remporte les élections. Le pays sort fracturé des élections.

- 1er juillet : La Belgique prend la présidence tournante de l'Union européenne sans gouvernement. Yves Leterme dirige un gouvernement de transition en attendant la formation d'une coalition avec les partis vainqueurs des élections.

 

 

Résultats de l'analyse des trois quotidiens

Résultats pour Le Temps

Le Temps est, sans surprise, le quotidien romand qui a le plus traité de la crise politique en Belgique (121 articles en quatre ans). Il est également le journal qui a le plus diversifié les points de vue sur le sujets, avec des experts et journalistes invités. Le quotidien de référence a également publié nombre de ses articles dans les rubriques « Commentaire » ou « Opinion ». Nous l'avons dit, les grands quotidiens font de l'actualité internationale leur plus value. Pas étonnant donc que les tensions en Belgique aient trouvé une place de choix dans les pages du journal. Pour chaque évènement important que nous avons présenté dans le chapitre 5 9 , Le Temps a toujours couvert les évènements importants avec, au minimum, un article important. La force du quotidien sur ce sujet a été de publier des articles même lorsque les conflits en Belgique ne faisaient pas la « Une ». Pour les quatre années étudiées, Le Temps a traité des tensions belges presque tous les mois, même si ce n'était pas d'actualité.

 

En ce qui concerne l'analyse quantitative, nous avons pu remarquer que le thème « concepts théoriques » est celui qui a été le plus présent dans les articles du Temps. Le correspondant et autres rédacteurs ont sur-utilisé les termes «communautés », « identité », « langue/linguistiques », « national », « culture ». Les mots les plus utilisés sont «communautés» et « langue ». Devons-nous en déduire que pour Le Temps, les conflits entre Flamands et Wallons tiennent principalement à l'aspect linguistique ?

Peut-être. Le second thème le plus présent dans les pages du quotidien est « tensions entre communautés ». Notons que sur huit catégories, seules deux sont de nature positive. La catégorie « unité du pays » est celle qui apparait le moins souvent, alors que

celle intitulée « fin de l'Etat belge » arrive en quatrième position.

 

La vision qu'a Le Temps des tensions en Belgique est donc pessimiste. La fin de l'Etat est plus souvent évoquée que sa survie. Notons que la catégorie « dialogue » arrive en troisième position dans l'apparition des articles. Les relations entre les deux communautés sont certes conflictuelles, mais le dialogue est toujours de la partie.

 

Enfin, les mots faisant référence à la Suisse n'étaient pas nombreux. La catégorie « référence à la Suisse », avec la fréquence de 150 mots, n'arrive qu'en sixième position sur les huit catégories. Les articles que nous avons analysés étaient ceux où il y avait effectivement une comparaison entre les deux pays, et non pas uniquement une référence à la Suisse. Si Le Temps a plus comparé les deux pays que les autres quotidiens, il n'y a que treize articles recensés. Notons que des treize articles, six ont été publiés dans la rubrique « opinion » et un dans la rubrique dans « commentaire ». Ces rubriques sont des terrains privilégiés de la liberté d'expression des rédacteurs. Nous pouvons donc déduire que les articles traitant des conflits en Belgique sont avant tout factuels. Et dans ce cas, les comparaisons entre les deux pays n'ont pas lieu d'être.

 

Sur les dix-neuf extraits analysés comparant les deux pays, sept dépeignent la

Belgique négativement. Le pays est le parfait exemple à ne pas suivre pour la Suisse. A l'inverse, aucun article ne présente la Suisse négativement par rapport à la Belgique. Et s'il y comparaison, c'est la plupart du temps pour opposer les deux Etats. Une comparaison où les journalistes s'entendent pour dire que Belgique et Suisse se ressemblent, c'est au niveau de leurs histoires (sans compter les comparaisons qui vont

de soi comme la diversité linguistique et culturelle).

 

Rappelons également que le quotidien romand, au travers de ses rédacteurs, explique qu'il n'existe pas de Romandie. Pour la simple et bonne raison que l'affirmation d'un bloc romand pourrait mettre en péril la paix communautaire en Suisse. Pour affirmer ces propos, les journalistes prennent l'exemple de la situation belge. C'est la vision de la Suisse sur la Belgique. Si la Romandie faisait bloc, elle risquerait de précipiter le pays dans un conflit semblable à la Belgique.

 

Ce que nous pouvons retenir du traitement journalistique du Temps, c'est qu'il est très complet au niveau des informations. Il suit de près l'actualité belge. Si le quotidien parle du Plat pays, c'est essentiellement en termes négatifs. La vision du quotidien romand n'est pas optimiste quant à l'avenir du pays. Enfin, pour Le Temps et ses collaborateurs, Suisse et Belgique peuvent être comparées, mais pour renforcer l'idée que la Suisse s'en tire mieux que la Belgique. Pour Le Temps, la Suisse doit s'intéresser aux évènements belges et en tirer les enseignements pour ne pas finir comme « ça ».

 

Résultats pour Le Quotidien Jurassien

 

 

Le journal régional s'intéresse aux conflits belges. Logiquement, moins d'articles ont été publiés à ce sujet que dans Le Temps, mais ces 83 articles témoignent d'un intérêt certain pour le Plat pays. En revanche, la diversité des rédacteurs n'est pas très grande. Le même constat peut être appliqué aux rubriques, puisque la grande majorité

sont apparus dans le « monde ». Néanmoins, les tensions en Belgique ont fait seize fois la « Une » du quotidien. Pour chaque évènement présenté dans le chapitre 5 10,  Le

Quotidien Jurassien a publié un article. En revanche, contrairement au Temps, le journal régional ne traite de la Belgique que quand celle-ci est au cœur de l'actualité.

L'analyse quantitative du Quotidien Jurassien confirme les affirmations ci-dessus.

Le thème « tensions en Belgique » est le plus présent dans les articles du journal.

Etonnament, le second thème le plus traité est le « dialogue » entre les communautés, concernant presque uniquement sur les négociations de la réforme de l'Etat. Finalement, les « références à la Suisse » sont presque inexistantes, c'est le thème le moins traité par le quotidien. D'ailleurs, deux articles seulement contiennent une comparaison entre les deux pays. Sur les trois extraits présentés, un propose une comparaison entre les histoires belges et jurassiennes, le second compare Suisse et Belgique sur leur point commun le plus important : leurs communautés. Notons que ces deux extraits ont été publiés dans la rubrique « commentaire ». Le troisième extrait fait une comparaison qui ne sert qu'à éclairer le lecteur sur ce qu'est le Chambre des représentants. Le second extrait compare brièvement les deux Etats, mais très vite, le journaliste explique qu'ils sont en fait incomparables.

 

Ce que nous pouvons retenir du traitement journalistique du Quotidien Jurassien est qu'il est complet quand cela concerne les évènements importants de l'actualité belge. Lorsqu'il n'y a pas d'actualité en Belgique, le quotidien ne traite plus des tensions belges. Comme Le Temps, le traitement sur le conflit belge est très factuel.

 

Pour cette raison, les comparaisons ou références à la Suisse sont presque inexistantes.

Lorsqu'il y en a, c'est dans la rubrique « commentaire ». Le Quotidien Jurassien ne cite même jamais la Romandie par rapport aux blocs flamands et wallons. En ce sens, il reste dans les limites de son aire géographique, c'est-à-dire cantonale. Enfin, vu les résultats de l'analyse par mots et thèmes, le quotidien a également une vision très pessimiste de la Belgique. L'unité du pays est l'avant-dernier thème traité. Ici, nous pouvons noter qu'il s'agisse d'un correspondant Franco-suisse pour Le Temps ou d'un correspondant Belge pour Le Quotidien Jurassien, leur vision du Plat pays est la même : elle est très négative.

 

Résultats pour Le Matin

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Le Matin n'a pas d'intérêt pour les conflits en Belgique. C'est dommage, puisqu'il est le deuxième quotidien le plus lu de Suisse romande. Sur quatre années, 27 articles ont été publiés sur les tensions communautaires belges. De plus, la très grande majorité des articles (11) proviennent des agences de presse et l'autre part (15) des articles ne sont même pas signés (il s'agit des brèves). Il n'y a qu'un article rédigé par un journaliste du quotidien, qui contient d'ailleurs une référence à la Suisse.

 

Le thème le plus développé est celui des « problèmes de dialogue » entre communautés belges. Ensuite viennent « les tensions entre communautés » et les « concepts théoriques » que nous avons  développé. Ici, le traitement journalistique n'est pas celui du Matin, mais celui des agences de presse. Il est dès lors évident que les références à la Suisse soient inexistantes. Le traitement journalistique est uniquement factuel. Les articles parus le sont uniquement lorsque la Belgique fait l'actualié. Il faut encore nuancer ce propos, car certains évènements importants n'ont pas été couverts.

 

Il n'y a que deux articles faisant une comparaison entre Suisse et Belgique. Le premier est signé par « AFP-Le Matin », le second par le seul journaliste du quotidien à avoir écrit sur le sujet. Dans les deux extraits présentés, Le Matin joue sur les stéréotypes des deux pays. Cela confirme notre hypothèse que Le Matin, journal populaire, joue sur les clichés. Dans ces seules références à la Suisse, le journal pose cette dernière comme modèle face aux conflits belges. Quand les articles ne se réfèraient pas à un évènement précis, les sujets étaient « légers». Comme par exemple, la Belgique qui est à vendre sur E-Bay ou un mariage organisé entre la commuanuté flamande et wallonne.

 

Le traitement journalistique du Matin sur les tensions en Belgique n'est pas complet et pas du tout diversifié. Il s'agit uniquement de présenter les faits lorsqu'ils font l'actualité. Pourtant journal à portée régionale, donc romande, ses rédacteurs estiment que les Romands ne s'intéressent pas à la Belgique. Et qu'ils ne se sentent pas concernés par les travers de ce pays.

 

Confirmation ou infirmation des hypothèses

 

1. Les journaux de Suisse romande, s'ils comparent les tensions en Belgique et en

Suisse, le font pour se démarquer des conflits belges.

 

Cette hypothèse est confirmée. Lorsque les quotidiens comparent les deux pays, ils posent la Belgique comme un mauvais exemple pour la Suisse. Ils comparent les deux

pays sur leurs histoires et leurs communautés différentes, mais pas sur les conflits.

 

2. Les journaux de Suisse romande ont une vision négative de la situation en

Belgique.

 

Cette hypothèse est confirmée. Nous l'avons vu dans l'analyse, ce sont essentiellement les thèmes négatifs qui sont traités. C'est logique, puisque les journaux romands traitent de la Belgique presque uniquement par ses tensions (nous ne tenons pas compte du traitement de la Belgique pour l'Union européenne).

 

3. Sur l'avenir de la Belgique, les journaux de Suisse romande ont une vision pessimiste.

 

Cette hypothèse est confirmée. Le thème « fin de l'Etat belge » apparaît plus

souvent que le thème « unité du pays ». Ce dernier est d'ailleurs, avec « référence à la

Suisse », le moins présent dans les articles.

 

4. Le Temps, quotidien romand de référence, aura un traitement très complet et rigoureux des tensions en Belgique.

 

Cette hypothèse est confirmée. Le Temps a diversifié ses modes de traitement et s'intéresse aux tensions belges même lorsqu'elles ne font pas l'actualité.

 

5. En tant que quotidien de référence en Suisse romande, Le Temps traite plus largement de l'international que les journaux régionaux et populaires. Le Temps

doit faire appel à nombre d'experts pour commenter les tensions en Belgique.

 

Cette hypothèse est confirmée. Mais il faut nuancer ce propos. Parmi les trois quotidiens, c'est Le Temps qui a fait le plus appel à des experts. Cependant, en quatre années, nous n'en comptons que cinq.

 

6. Le Temps traite des conflits belges avec des angles originaux, comme des reportages ou des interviews.

 

Comme pour l'hypothèse précédente, celle-ci est partiellement confirmée. C'est Le

Temps qui a le plus diversifié le genre des articles, mais seulement six articles sont des interviews ou reportages sur 121 articles au total.

 

7. Le Temps, quotidien de portée romande, devrait comparer plus volontiers Suisse et

Belgique.

 

Cette hypothèse est confirmée. Mais si Le Temps est le quotidien à avoir le plus

comparé les deux pays, seulement treize articles contiennent des comparaisons.

 

8. Le Matin, journal populaire devrait faire un traitement moins complet que Le

Temps ou Le Quotidien Jurassien.

 

Cette hypothèse est confirmée. Le Matin ne s'intéresse guère aux conflits belges,

avec seulement 27 articles en quatre ans.

 

9. Le Matin, quotidien de portée régionale, c'est-à-dire romande, devrait comparer plus volontiers Suisse et Belgique. Son information étant axée sur la Suisse, cette dernière sera comparée à la Belgique.

 

Cette hypothèse n'est pas confirmée. Le Matin faisait presque uniquement appel aux agences de presse pour ses articles sur les tensions en Belgique, les textes ne font presque aucune comparaison à la Suisse. C'est le cas lorsque les journalistes du Matin

écrivent eux-mêmes sur le sujet, c'est-à-dire deux fois en quatre ans.

 

10. Le Matin, quotidien populaire, aura un traitement du conflit belge axé sur la dramatisation en utilisant des faits divers.

 

Cette hypothèse est partiellement confirmée. Certes, certains faits divers sur les conflits belges sont traités dans ce quotidien et pas dans les autres. Mais puisque les articles proviennent des agences de presse en majorité, les articles sont très factuels.

 

11. Le Quotidien Jurassien, quotidien régional de qualité, devrait avoir un traitement très factuel du conflit belge.

 

Cette hypothèse est confirmée. Elle l'est pour les trois quotidiens, même si Le

Temps diversifie plus ses modes de traitement.

 

12. Issu d'un canton très récent qui a dû se battre pour son indépendance, Le

Quotidien Jurassien est encore imprégné d'un sentiment de lutte autonomiste. Son traitement du conflit belge devrait refléter cet état de fait.

 

Cette hypothèse n'est pas confirmée. L'unique référence au Jura apparaît dans la rubrique «Commentaire ». Le rédacteur en chef fait une comparaison entre l'histoire du

Jura et l'histoire belge.

 

13. Le Quotidien Jurassien, offrant un traitement très factuel, ne devrait pas comparer

Suisse et Belgique.

 

Cette hypothèse est confirmée. Elle l'est pour les trois journaux, même si cette affirmation est plus nuancée pour Le Temps. Le Quotidien Jurassien ne compare les deux pays que dans deux articles.

 

14. Les quotidiens romands expliquent les tensions en Belgique par le fait que les

Flamands ont développé un sentiment national très fort.

 

Cette hypothèse est partiellement confirmée. La Flandre nationale est reconnue par les journaux (mais pas explicitement) comme un facteur des tensions. C'est d'ailleurs une des raisons, selon Paul Tourret et selon un expert invité du Temps au fait qu'aucun sentiment romand n'existe aujourd'hui. Les Romands ne se forment pas en bloc par peur de «finir » comme la Flandre. C'est surtout cette raison, selon les journaux, qui fait que la Belgique est en mauvaise posture : le fait que deux blocs, culturellement et linguistiquement différents, se font face. Alors qu'en Suisse, il y a 26 cantons et pas une formation de gros blocs.

 

Conclusion

 

Les tensions communautaires en Belgique intéressent les quotidiens romands. Le traitement journalistique des trois journaux étudiés est dans l'ensemble complet et rigoureux. Il faut cependant nuancer ce propos. En effet, Le Temps, journal de référence,

a fait de loin le traitement journalistique le plus complet et diversifié. Le Quotidien

Jurassien, de portée cantonale, s'intéresse aux conflits belges dans la mesure où ils font l'actualité. En revanche, Le Matin, journal populaire le plus lu de Suisse romande, ne traite que superficiellement les évènements du contentieux belge. Dans le cas du Temps surtout, le journalisme international peut effectivement être considéré comme un gage de juste traitement journalistique.

 

Les trois quotidiens traitent des tensions en Belgique pour en exposer les faits, non pas pour comprendre leur origine. Bien sûr, certains journalistes et experts se sont exprimés sur ce sujet. Mais le traitement journalistique des tensions conflits est majoritairement factuel, s'évertuant à n'exposer que les faits et rien que les faits. Seul

Le Temps est allé plus loin. C'est d'ailleurs dans les rubriques « opinion » et « commentaire » que le traitement journalistique dépasse le factuel. C'est là aussi le terrain privilégié des comparaisons entre la Suisse et la Belgique. Certes, elles ne sont pas nombreuses et ne semblent pas être un réflexe lorsque les quotidiens romands parlent du Plat pays. Lorsque comparaison il y a, c'est surtout pour différencier les deux pays. La Suisse et ses communautés se portent bien alors que la Belgique a une image très négative. En effet, à aucun moment, une comparaison entre les deux pays a tourné à l'avantage du Plat pays. La Suisse est même parfois citée en exemple pour les Belges.

 

Et lorsque comparaisons il y a, elles se portent systématiquement sur les mêmes thèmes : les deux Etats abritent des communautés différentes en leur sein, leur histoire converge en certains points, et surtout, le système confédéral suisse est érigé en exemple pour la Belgique (surtout par les politiques flamands). Pour résumer, les journaux romands exposent les conflits belges et lorsqu'ils comparent cette situation à leur pays, c'est pour avertir leurs concitoyens de ne surtout pas suivre l'exemple belge.

 

Pour les journaux romands, les conflits belges reposent bien évidemment sur les concepts d'identité, de langue, de culture et de sentiment national ou communautaire.

Dans les trois quotidiens, les termes « communautés linguistiques » sont les plus courants. Mais dans les textes, la langue ne semble pas être le facteur majeur des tensions selon la presse romande. Ces facteurs sont présents en Suisse aussi, mais ils ne posent pas autant de problèmes. Alors les journaux expliquent les tensions belges par l'affrontement de deux gros blocs : un flamand, un wallon. Selon les quotidiens, la

Suisse s'en sort mieux car ce sont 26 cantons qui se font face, chacun ayant sa particularité. C'est pour cette raison que, selon certains, il n'existe pas de sentiment romand en Suisse francophone. Lorsque les journaux romands comparent les deux pays,

il en ressort que le Belgique fait peur. Quand le traitement est factuel, la question ne se pose pas. Tout de même, le cauchemar belge fait peur en Suisse.

 

La vision qu'ont les journaux romands de la Belgique est donc très négative et pessimiste pour l'avenir. En ce sens, les trois quotidiens se font une même représentation du conflit belge. Il serait intéressant d'analyser plus en profondeur l'évolution de la Belgique ces prochaines années et de découvrir quel traitement en font les quotidiens romands. Une autre piste intéressante, qui n'a pas pu être développée en profondeur dans cette étude, est la vision qu'ont les journaux de Suisse romande de la Wallonie dans ce contexte de crise politique, et vice versa. Ces deux communautés francophones n'ont pas développé de sentiment national, comme la Flandre. Elles sont également minoritaires dans leur pays respectif. De quelle manière la presse de chaque pays voit-elle la situation de l'autre ? Car, comme nous l'a expliqué Tanguy Verhoosel, correspondant pour Le Quotidien Jurassien : « en Suisse alémanique, je n'ai pas l'impression qu'on parle autant des crises politiques en Belgique (...). » 11

 

Car, il est vrai, c'est un sujet qui intéresse les Romands.

 

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  1. 1. Différence entre société et culture
  2. 2. Bardin Laurence, l'analyse de cntenu, Paris, PUF, 2007, p. 21.
  3. 3. Ibidem, p. 26.
  4. 4. ibidem, p. 33.
  5. 5. Ibidem, p. 125.
  6. 6. Ibidem, p. 40.
  7. 7. Note de TOUDI : il s'agit de tout ce qui suit l'intertitre Un pays dans l'impasse.
  8. 8. Les archives du quotidien sur internet ne présentent pas les images et leurs légendes.
  9. 9. Note de TOUDI : tout ce qui suit l'inyertitre Un pays dans l'impase, soit les événements qui vont des élections fédérales de juin 2007 aux semaines qui suivent les élections fédérales anticiées de juin 2010.
  10. 10. Note de TOUDI, il s'agit la matière introduite par l'intertitre Un pays dans l'impasse, titre que nous avons repris tel quel au travail de l'auteure, comme d'ailleurs les autres intertitres, soulagés seulement de leur numérotation et qui concerne les événements de juin 2007 à l'été 2010.
  11. 11. Voir en annexes l'entretien avec Taguy Verhoosel.