Pour Liège, pour la Wallonie, pour la Gauche

Une consigne de vote lancée par JM Dehousse
4 June, 2010

Jean-Maurice Dehousse, dans son style inimitable (et qui passera les élections), lance une consigne de vote.

Notre revue ne donne pas de consignes de vote, sauf celle de voter « wallon » et  à gauche, ce qui se peut sur une série de listes. Mais le tract que nous fait parvenir Jean-Maurice Dehousse, au-delà du soutien qu'il manifeste à un homme (plus qu'à un parti), contient pas mal de prises de positions intéressantes, exprimées, de plus, par un homme dont le discours force toujours à réfléchir. Dans cette campagne molle, cela ne fait pas de tort de lire quelque chose de fort et de passionné. Y compris quand il accuse Bart De Wever injustement, mais c'est le propre du politiquement incorrect dont nous manquons.

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Liège, le 3 juin 2010

 

POUR LIEGE, POUR LA WALLONIE, POUR LA GAUCHE, Votez Willy DEMEYER dernier de liste au Sénat, liste 5 (PS)

 

Il n'est pas facile de dire pour qui voter lors des élections du 13 juin.  Notamment parce que tout se déroule comme s'il y avait deux élections distinctes : une en Flandre sur la soumission de la Wallonie et de Bruxelles, et l'autre en Wallonie sur l'emploi, les salaires, les services publics.  Bref une pour ou contre la droite, et l'autre pour ou contre la gauche.

Dix jours à peine avant les élections, on voudrait plus de CHURCHILL  francophones, capables de faire front, et moins de Paul REYNAUD, qui s'en vont répétant « nous gagnerons parce que nous sommes les plus forts ».

Or c'est le contraire qui se produit et, derrière les discours des grands partis francophones, ceux qui nous concernent le plus, tous sont plus ou moins résignés à une espèce de Munich avec le nouveau Führer que la Flandre est en train de se donner, à savoir Bart DE WEVER, grand disciple de Jean-Marie LE PEN et grand visiteur de cimetières SS.

C'est le moment que choisissent un certain nombre de Wallons pour se demander s'il faut vraiment voter.

Bien sûr qu'il faut voter.

Face à la Flandre et à la droite, il faut au contraire voter, et ceci pose évidemment la question de savoir pour qui (il y a belle lurette que je ne fais plus confiance à la case de tête).

Mon choix, et celui que je vous recommande, est le Bourgmestre actuel de Liège, Willy Demeyer.

D'abord parce que c'est un honnête homme, qui est gouverné par le désir de servir et pas par celui de se servir : souvenez-vous de sa gestion parfaite, et tout-à-fait apolitique, de l'explosion dramatique survenue au centre de Liège, rue Léopold.

Cette explosion qui a été terrible pour tant de gens, Liégeois ou non, et aussi pour tant de jeunes, s'est produite à 01 h 45 du matin.  A ce moment-là, le Conseil Communal de Liège siégeait toujours, et siégeait bien entendu sous la présidence de Willy.

A un moment où l'on parle tant de l'absentéisme des politiques, je vous le rappelle.  Comme je vous rappelle aussi que le Bourgmestre est  le seul des élus à ne pas toucher de jetons de présence : au moment où tant de scandales fleurissent un peu partout, je veux également le rappeler.

D'autre part, à force de tant parler de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles, il faut souligner la nécessité d'avoir des élus qui défendent Liège.

Willy a fait ses preuves à cet égard.

Il faudra aussi défendre la Wallonie, à l'intérieur et à l'extérieur du parti.  Willy est un Wallon tranquille mais convaincu.  Il sait que, quand on parle de « refinancement de Bruxelles », on demande en fait à la Wallonie comme à la Flandre de refinancer une région qui est une des plus riches, non simplement du Royaume, mais de l'Union Européenne.  Willy connaît l'ampleur des besoins wallons et particulièrement de ceux des villes et communes.  Il sera capable de les défendre.

Enfin, dans le domaine capital de la droite et de la gauche, Willy sait  - - et dit - - combien sont grandes les responsabilités de ceux qui se sont abandonnés aux douceurs passagères du néo-libéralisme dans la crise géante, financière, économique et sociale, dans laquelle nous restons plongés, quoi qu'on dise.

Mais il s'efforce de rester un homme de projets.

Bien avant la crise, il a solidement arrimé la Fédération Liégeoise du P.S. à l'Action Commune avec la FGTB, les Mutualités et l'ensemble des organisations socialistes ou proches de notre combat.

De plus, et c'est une denrée rare dont on risque d'avoir grand besoin, Willy est un homme qui sait dire non, rarement avec emphase mais au besoin avec force.

J'en sais quelque chose.

Voici vingt ans, jeune pousse du P.S., il n'a pas hésité à voter mon exclusion et celle de quelques-uns de mes amis du groupe communal.  C'était l'époque du groupe PERRON.

Nous avons tenu bon de notre côté.

Et quand je suis devenu Bourgmestre, il s'est vite imposé comme leader de la périphérie et, à ce titre, est devenu mon principal second avec Jules JASSELETTE.

Ce n'était pas qu'il avait fondamentalement changé d'idée, et encore moins pour se mettre dans le vent, mais il avait compris que nous devions tous travailler ensemble pour Liège.

Dix ans plus tard, nous le faisons encore alors que plus rien ne nous y oblige.  La fraternité, c'est aussi cela.

C'est que Willy est un homme de bon sens.  C'est aussi quelqu'un qui sait écouter avant de décider.  Au moment où nous fonçons vers l'inconnu tant au point de vue économique et social que pour l'avenir de l'Etat belge, nous aurons besoin de ces qualités-là.

Voilà pourquoi je lui ferai confiance en votant pour lui au Sénat (dernier candidat - liste PS n°5) le 13 juin prochain.

Pour ceux d'entre vous qui s'étonneraient que je fasse confiance à un Socialiste en ce moment, quand la tête du Parti offre tant de raisons de craindre l'avenir, je rappellerai que le Sénat est la seule grande circonscription, qui comprend toute la Wallonie et Bruxelles.  A ce niveau là, il n'y aura pas d'autre vote utile pour la Gauche que le vote P.S.

Jean-Maurice Dehousse

Ancien Bourgmestre. Ancien Ministre. Ancien Membre du Parlement Européen. Wallon toujours. Plus Socialiste que jamais.