Sire, il n'y a plus de Belges

Communiqué de presse du Rassemblement Wallon
6 septembre, 2010


En dépit de leurs positions contradictoires, les deux grandes forces politiques surgies des élections du 13 juin semblent pouvoir s'entendre sur une réforme de l'Etat. Mais jusqu'ici, cela n'a pas marché. Les crises sont de plus en plus graves et mesurent - à chaque fois plus fort - l'impossibilité de continuer l'expérience belge. Il y a une conception contradictoire de l'avenir du pays en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles.

Le Rassemblement Wallon se réjouit pourtant des premiers acquis de la négociation du financement des entités fédérées (hors le service de la dette publique) qui représentaient 51% des ressources étatiques belges, et passeraient à environ 70% de celles-ci, ce qui augmenterait considérablement l'autonomie wallonne. Tout en vidant la Belgique de sa substance.

Il ne s'agit donc nullement, pour nous, de concessions faites à la Flandre comme c'est présenté généralement.

Comme l'ont enfin constaté - fort tardivement - des voltigeurs du PS ces derniers jours, la fin de la Belgique est inéluctable, la volonté majoritaire en Flandre de glisser « en douceur » vers une autonomie de plus en plus grande s'achèvera par son indépendance.

Le RW estime ridicule et offensant pour les Wallons de présenter l'autonomie (en fait, la souveraineté) comme quelque chose à quoi l'on doit se résigner. Le RW constate à regret que la Wallonie risque donc de naître telle un enfant non désiré, profondément méprisée par ceux qui l'informent et la dirigent.

La Belgique est ainsi entrée à reculons dans le fédéralisme, n'ayant jamais été un véritable Etat fédéral. Ces Etats privilégiant un système de solidarité entre leurs entités fédérées (Allemagne, Autriche, Espagne, etc.) ne s'inscrivant pas dans le schéma belge d'un fédéralisme concurrentiel. D'ailleurs, même si l'on scinde demain les législations fiscales et sociales, le prescrit constitutionnel d'égalité entre les Belges n'a plus de sens. En fait, le RW constate que ce dernier a déjà disparu puisque, un exemple parmi beaucoup d'autres, en matière de successions les citoyens sont traités différemment dans les trois Régions actuellement existantes.

Il est aussi vain d'envisager une improbable Belgique continuée sous la forme d'une fédération Wallonie-Bruxelles reproduisant les tares de l'Etat belge finissant et ne pouvant conserver la Wallonie territoriale actuelle que si cette fédération reçoit l'accord de l'Assemblée générale des Nations-Unies sur avis du Conseil de Sécurité d'hériter du nom de Belgique (ce qui a été refusé à la Serbie pour l'ex-Yougoslavie). De toute façon, la Région de langue allemande choisira soit l'Allemagne, soit le Grand-Duché de Luxembourg (voir les déclarations récentes de M. Lambertz).

Pour préparer sérieusement l'avenir, le R.W. propose de concevoir, sur base du principe de territorialité, quatre Régions-Etats disposant de l'autonomie constitutive pleine et entière, libres de s'associer par la négociation entre elles et avec les pays voisins en fonction de leurs intérêts.

En conséquence, les Communautés, en tant qu'institutions politiques, disparaissent et leurs compétences sont transférées aux régions.

Cette organisation sur base territoriale préserve les choix d'avenir qui ne manqueront pas de surgir rapidement.

6 septembre 2010